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Marie Lecuyer sophrologue Auray

À ta place!

L’affirmation de soi se travaille au quotidien.  La semaine dernière, en atelier, nous avions un échange sur la difficulté que cela pouvait représenter parfois. S’affirmer, poser son cadre, prendre sa place… Ce n’est pas toujours facile, en revanche c’est toujours un cadeau précieux que vous vous faites et que vous faites aux relations qui comptent pour vous.

Laissez moi vous raconter.

 

Du rêve au cauchemar !

 

Décembre 2017: mes amis m’offrent un stage d’éthologie comparée homme-cheval. Un rêve !

Avril 2108: je réalise ce stage. Un cheval vient à ma rencontre, c’est un coup de cœur.
Mai 2018: il devient mon cheval. Il est doux, heureux de partager du temps avec un humain qui s’occupe de lui après une vie d’expériences douloureuses…

Septembre 2018 : il me mange ! Littéralement ! Il devient agressif et me terrorise !

« Il suffit de ne plus avoir peur » me dit-on dans l’oreillette ! Ah merci ! C’est vrai que je n’y avais pas pensé ! Enfin… Ne plus avoir peur face à un animal de 600kg qui peut bondir et mordre à tous moments, ce n’est pas nécessairement facile !

S’en suit de longs mois où je me retrouve paralysée à l’entrée de la pâture… des crises de doutes, de larmes… Lui comme moi, prisonniers d’une relation déséquilibrée qui ne nous amène rien de ce que nous espérions l’un et l’autre.
Quelques progrès au fil des mois, mais si peu. Et toujours cette peur qui me prend les tripes !

Septembre 2019 (un an après !): je trouve une solution. MA solution. Je le change de pension, et je me fais accompagner pour renouer une relation sereine avec ce cheval que j’aime si fort malgré tout !

 

Nouveau départ

 

Je rencontre une personne qui va me permettre de remettre la situation en perspective. Et on se met au boulot.
La première chose à faire : travailler sur la distance entre nous.
Lorsque l’on se déplace, il me colle. Il me marche littéralement dessus, et cela ne fait qu’augmenter mon sentiment d’insécurité.
Sauf que, plus j’ai peur… Plus je me fais petite… Plus il me bouscule et menace de me m’attaquer de nouveau.

 

A ta place !

 

Quand je n’ose pas poser de cadre, Capitaine est en insécurité et répond par de l’agressivité, ce qui génère de la peur chez moi, et me rend difficile la pose de ce cadre avec fermeté. Bref, un cercle vicieux se met en place dont je suis la seule à pouvoir nous faire sortir.

En surmontant ma peur, j’ai trouvé la force de poser le cadre avec douceur et fermeté ; de prendre ma place, la relation a pu s’apaiser et s’équilibrer.

J’apprends à le mettre à distance de moi. Il ne me marche plus dessus et comprend mieux mes demandes, et moi je me sens plus en sécurité.

1000 fois j’ai prononcé ces mots « Capitaine (c’est son nom !), à ta place ! Ainsi progressivement il a appris à se remettre à une juste distance, à une juste place !
Et moi aussi !

 

Ce que cela a permis

 

J’ai réussi à me détendre. Nous avons travaillé sur d’autres choses, avec des petits progrès les uns après les autres. J’ai retrouvé le plaisir de passer du temps avec lui. J’ai réussi à me détendre et à profiter de ces moments ! Et lui a réussi à trouver un humain sur qui il peut compter !

Il avait « juste » besoin d’un cadre et de retrouver sa juste place. J’avais juste besoin d’oser poser le cadre et prendre ma place.

Si je vous parle de tout ça

 

L’estime de soi, mon cœur de métier, n’est jamais acquis. Il se nourrit et se renforce au quotidien.
Il peut y avoir des domaines où l’estime de soi est haute, d’autre où il peut être utile de le renforcer… Et c’est normal.

Pour ma part, Capitaine par exemple est celui qui vient complètement me déstabiliser dans ma confiance en moi, me challenger. Pour autant il m’a permis d’apprendre beaucoup sur ma ténacité, et sur ma capacité à trouver des solutions pour faire face à des situations compliquées.
Nous avons encore du chemin à parcourir, mais contrairement aux apparences, il me permet de renforcer ma confiance.

 

Dans la vie

 

J’entends souvent, chez les personnes que j’accompagne, cette difficulté à poser des limites, à faire preuve de fermeté dans leurs relations (avec leurs enfants, leurs conjoints, leurs amis, leurs supérieur hiérarchique…).

Nous n’avons pas tous un vieux cheval grincheux qui met toute son énergie à venir tester notre capacité à poser un cadre, à savoir dire « STOP, ça c’est pas possible » !

Néanmoins, avec un cheval comme avec les êtres qui comptent pour vous, prendre sa place, poser son cadre, ses limites avec douceur, bienveillance ET fermeté…

Parfois c’est difficile… oui!
Parfois ça fait peur… oui!

En revanche c’est TOUJOURS ce qui permet aux relations de s’équilibrer et de devenir épanouissantes. Être heureux n’est pas nécessairement confortable comme l’explique Thomas d’Ansembourg dont je vous parle souvent.

Alors, et vous, elle en est où aujourd’hui votre place ?

 

A bientôt,

Marie